Chapître V : Le grand frère (suite)
Enfin seule. Isabelle sort son nez de son bol de cacao, d'ailleurs vide depuis longtemps. Elle se lève et décide de faire le tour du propriétaire mais avant elle décide de téléphoner à sa maman. A la maison c'est le répondeur. Elle essaie sur le GSM de sa mère, aussi le répondeur. Elle laisse un bref message :"J'ai passé une bonne nuit. Tout se passe bien. Je n'ai pas fait de crise". Elle savait que la probabilité qu'elle fasse une crise était assez importante vu l'étât émotionnel dans lequel elle avait été plongée ces derniers jours. Une fois cela fait et un peu déçue de ne pas avoir eu sa mère elle commence son tour de l'appartement.
D'abord sa chambre. Elle tire les stores pour laisser la clarté envahir la pièce. Il fait beau dehors, ciel bleu. Sa chambre est assez grande. Il y a le lit pour 2 personnes, 2 tables de nuit, le grand placard, un bureau près de la fenêtre. Au mur il y a comme dans le reste de l'appartement des photos noirs et blancs d'objets parfois insolites, parfois tout-à-fait banals. Les murs de sa chambre sont blancs ou plutôt gris très, très clairs. La parure de son lit est gris foncé. Le bureau presque noir. Il y le placard qui est blanc. Elle ouvre le placard. Toute une partie a été vidée sans doute pour qu'elle puisse y mettre ses vêtements. Elle a vite fait de ranger ses quelques affaires. Elle prend une salopette et un T-shirt ainsi que des chausettes et une culotte et se dirige dans le couloir vers la salle de bain.
C'est une grande salle de bain toute blanche. Il y a une immense baignoire, une grande douche et détail amusant deux éviers. Elle trouve dans une armoire grise des draps de bain tout moelleux et tout gris aussi. Elle se déshabille et entre dans la douche. Normalement elle ne peut pas prendre de douche sans surveillance mais c'est grisant de le faire quand même. L'eau est directement à la bonne température, c'est pas comme à sa maison où il faut plusieurs minutes pour avoir une eau à bonne température. Et puis chez elle, on prend sa douche dans la baignoire. Elle trouve sans difficulté du bain douche et du shampoing. Malheureusement elle se rend vite compte à l'odeur que ce sont des produits pour homme et donc que les parfums sont beaucoup plus forts que le shampoing aux odeurs de fruits qu'elle utilise d'habitude. Il faudra faire quelques courses. Elle sort rapidement, il ne faut pas tenter le diable. Elle s'essuie vigoureusement et s'habille. Elle trouve un sèche cheveu accroché à côté de la grande glace de la salle de bain. Elle va vite chercher ses pantoufles. Elle sourit en imagineant la tête d'Alan la trouvant électrocutée sur le sol de sa salle de bain. Non ce n'est pas drôle. Elle sêche ses cheveux comme elle peut, d'habitude, c'est sa maman qui le fait. Elle les brosse et fait une queue. Une fois cela terminé, elle ne peut s'empêcher de monter sur le tabouret qui est dans la pièce et d'ouvrir l'armoire à côté de la glace. Elle y trouve différentes crèmes, des rasoirs, de la mousse à raser, des boîtes avec différentes pillules, des pansements, des tubes de dentifrice et un tas d'autres choses qu'elle n'identifie pas toujours. Il y a aussi deux verres avec pour chacun une brosse à dent électrique. Deux brosses à dent. La personne à qui Alan parlait était sûrement sa petite amie. Elle sourit. Elle descend de son tabouret après avoir soigneusement fermé l'armoire et le remet en place. Bien sûr ce n'est pas bien de fouiller dans les affaires des autres mais c'est tellement gai. Et puis elle l'avait fait avec ses soeurs et elle avait fouillé de fond en comble la chambre que ses frères avaient laissés. Elle ne les avait pas connus enfant vu la différence d'âge alors retrouver des indices de leur enfance de leurs affaires était vraiment plein d'enseignements.
La salle de bain communique avec le couloir d'un côté et la chambre d'Alan de l'autre. Elle entre dans la chambre de son frère. C'est grand, c'est gris, c'est un peu lugubre. D'instinct, elle se dirige vers la fenêtre. Les tentures sont tirées. Elle ouvre grand les tentures pour innonder également cette pièce de soleil. C'est mieux. Il y a un grand lit pour deux personnes, encore plus grand que le sien. Deux tables de nuit. Une meuble bas avec des tiroirs style commode. Un immense placard qui fait tout un mur. Il y aussi un appareil comme ceux qu'on utilise en musculation. C'est un banc avec différents appareils. Il y a une grande glace sur pied. Il y a aussi un bureau dans un coin avec dessus un PC. Sur une des tables de nuit il y a des cadres avec des photos. Une photo représente toute la famille sauf Alan et papa qui prend la photo lors d'un Noël il y a deux ans et l'autre représente...Isabelle. C'est une photo d'école qu'elle trouve affreuse. C'est celle de sa 5ième année primaire. Isabelle est intriguée mais fière à la fois. Elle ouvre la penderie. Il y des costumes, des chemises, des T-shirts, des jeans et des pantalons, des vestes, des tonnes de chaussures et des baskets au sol, la penderie s'allume automatiquement quand on l'ouvre. Isabelle la referme.
Elle revient dans le couloir et revient dans le saloon. Elle s'assied dans le fauteil et allume la télé. Enfin si on peut appeler cela une télé. C'est en fait un écran extra plat accroché sur un des murs. Heureusement qu'Isabelle en a déjà vu dans des pubs à la télé. Elle zappe pendant quelques minutes puis se lève à nouveau. Il y a une table de salon design, un meuble le long du mur qui contient une bibliothèque, une BDthèque ainsi qu'une collection impressionnante de CD et de DVD. Sur un autre mur il y a un truc tout plat qui ressemble à un lecteur de CD. Un peu plus loin sur une sorte de demi table accrochée au mur près de l'entrée, il y a de nouveau des cadres avec des photos. Isabelle les prend, un à un et les regarde. Il y en a un et même plusieurs avec Alan et un autre gars blond. Celui qu'elle a vu sur la photo que sa maman lui a donné, un certain Eric. Il y a une photo montrant 4 personnes, Isabelle reconnaît Alan au centre, Eric ainsi qu'un autre garçon et une autre fille qu'elle ne connaît pas. La fille est peut être la petite amie d'Alan ? Déjà une heure qu'il est parti... Elle s'ennuie. Elle se rassied dans le fauteil. Elle entend soudain un bruit. Comme si on chipotait à la serrure de l'appartement. C'est sans doute Alan qui rentre....
Mais à son grand étonnement ce n'est pas Alan, c'est un jeune garçon d'origine nord africaine. Il a fisiblement copier son style vestimentaire sur les stars de Hip Hop. Isabelle recule dans le fond du divan...plutôt effrayée. Le garçon la voit et se rend compte de sa crainte.
- Pas de panique...je suis Rachid, je suis le fils de la concierge, Amina... Regardes j'ai la clef. C'est M'sieur Alan qui me la donnée. Toi, tu es Isabelle...et tu viens d'arriver...
Isabelle est un peu rassurée.
- Qu'est ce que tu viens faire ?
- J'aide ma mère. Elle s'est fait mal au dos alors pour qu'elle puisse se reposer je m'occupe d'une partie de ses ménages.
- Ta mère fait le ménage chez mon frère ?
- Ben oui 2 fois par semaine.
Rachid ne traîne pas, il referme la porte et se dirige avec un grand sac poubelle vers la cuisine. Il vide la poubelle de la cuisine et se dirige vers la salle de bain. Isabelle lui emboite le pas, amusée et curieuse. Il vide la poubelle de la salle de bain et celle de la chambre d'Alan, il en profite pour refaire le lit et passer un chiffon pour faire les poussières.
- C'est rare un garçon qui fait le ménage.
- Wouai ben on a pas toujours le choix.
Isabelle ne le quitte pas des yeux. Il ne perd pas une minute. Il passe d'un pièce à l'autre y compris sa chambre et arrange les choses au mieux. Il ouvre la porte fenêtre qui donne accès à la terrasse et se met à brosser la terrasse. Une fois cela terminé, il revient dans le salon.
- Faut que je passe l'aspirateur.
- Je veux bien le faire si tu me dis ou est l'aspirateur. Propose Isabelle.
- Tu sais faire le ménage ?
- Oh oui à la maison, j'aide maman tous les jours.
Rachid fait une grimace mais il lui montre que l'aspirateur est dans un placard au fond du couloir. Pendant qu'Isabelle commence à passer l'aspirateur, il termine de faire les poussières et de ranger la salle de bain. A deux ils terminent assez vite le travail. Alan est parti depuis 2 heures.
- Bon j'ai fini. J'y vais.
- Ok j'ai été contente de faire ta connaissance. A bientôt.
Rachid reprend ses affaires, le sac poubelle et ressort comme il est rentré. Pas très bavard le garçon. Isabelle hausse les épaules. De nouveau seule...
Alan n'est toujours pas là et ça énerve Isabelle. Il est déjà plus d'une heure de l'après-midi, elle a faim. Il n'aurait pas du la laisser seule et surtout pendant si longtemps. Elle a toute les chance de faire une crise pour le moment. A ce tarif là elle aurait pu rester seule chez elle en France, ça aurait été la même chose. Tant pis. Elle prend le téléphone et décide de l'appeler. Elle appuye sur le chiffre qui permet de joindre son frère directement. Il y a quelques sonneries puis elle entend la voix de son frère.
- Allo Isabelle. Il y a un problème...
Instantanément une idée jaillit dans sa petite tête. Elle prend une voix hésitante, fatiguée et murmure.
- Oui je ne me sens pas bien, je pense que je vais faire une crise...puis elle raccroche avant que son frère ne l'entende éclater de rire.
Quelques secondes plus tard le téléphone sonne mais pour que son histoire soit plausible et pour un peu se venger, Isabelle ne répond pas. Elle entend le répondeur se mettre en route automatiquement.
- "Bonjour vous êtes bien chez Alan. Laissez-moi un message je vous rappelerai."
- Isabelle, Isabelle répond-moi. Ne bouge pas j'arrive...!
Bon d'accord c'est un peu sadique mais bon, il l'a bien mérité. Et puis quand il se serait rendu compte de la supercherie peut être qu'il la renverrait chez elle. Elle alla vite à la salle de bain, temponna son front avec un gant de toilette comme si elle avait transpiré. Elle revient dans le saloon. Elle s'assied près du téléphone, chamboule tous les coussins qui sont près d'elle et se laisse glisser au pied du sofa comme si elle en était tombé. Elle défait un peu ses vêtements et ses cheveux et elle attend en essayant de ne pas sourire.
Il y a une grosse horloge design au mur, elle se demande combien de temps Alan va mettre pour voler à son secours. Après cela c'est sûr, il ne la laisserait plus jamais toute seule...
Merde. Alan vient de raccrocher. Après l'appel d'Isabelle, il a refait le numéro de l'appart mais sans succès. Mais qu'est ce qui lui avait pris de la laisser toute seule. C'était vraiment un idiot. Surtout pour le moment avec tous ses changements, elle avait toutes les chances de faire une crise. Il se souvenait des conseils de sa mère. Il réalisa en plus qu'il lui avait dit de prendre une douche alors qu'elle ne pouvait pas le faire seule. Il lui avait aussi dit qu'il serait là au bout d'une ou deux heures et cela faisait plus de deux heures qu'il s'était absenté. L'idiot ! Heureusement la salle de musculation était tout près de l'immeuble. Il pris son sac, oublia sa veste et courrant plus vite qu'il ne l'avais jamais fait il se rua en dehors du club, au grand étonnement des adhérents présents. Arrivé dans le hall de l'immeuble, il pria pour qu'il y ait un ascenseur. Ouf, il y en avait un ! La montée lui sembla interminable. Quelle idée d'habiter au 11ième étage. Il arriva devant sa porte. Il lui avait fallu un peu plus d'un quart d'heure. Il était tellement nerveux qu'il n'arrivait pas à ouvrir la porte. Merde ! Ca y est. Il ouvrit grand la porte, lacha son sac. Ne vit pas Isabelle tout de suite mais remarqua tout de suite la pagaille dans les cousins du sofa. Il fit un bond spectaculaire au dessus du sofa. Elle était là par terre, évanouie. La crise était sûrement passée. Elle n'avait pas encore émergé. Il se rappela les conseils de sa maman. Le combiné était décroché. C'était sans doute pour cela qu'il était tombé sur le répondeur.
- Merde, merde...bon ne pas paniquer.
Il ouvrit sa bouche pour voir si elle ne s'était pas mordue. Il la redressa. La souleva délicatement et la remit dans le fauteuil.
- Isabelle réveilles-toi. Lui dit il doucement en lui caressant le visage.
Il attrapa son poignet pour prendre son pouls. Isabelle entre'ouvrit les yeux. Elle avait pris un air le plus désespéré possible.
Soudain il se releva. Son visage était soudain passé de l'inquiétude à la colère.
Comment avait-elle pu ? Alan avait envie de la giffler. Pour ne pas se laisser envahir par la colère, il se mit à marcher de long en large dans le saloon.
- Comment as-tu pu me faire cela ? Hurla t'il.
Isabelle ouvrit des yeux tous ronds. Comment avait-il deviné ? Comment savait-il qu'elle faisait semblant. Elle avait pensé à tout et jusqu'à preuve du contraire, elle était excellente comédienne.
- Pour qui tu me prends ! Il continuait à faire les 100 pas dans l'appartement en se prenant la tête dans les mains. Je suis furieux !
Isabelle se mit à avoir peur. Elle ne supportait pas qu'on hurle même si elle l'avait mérité. Il allait peut être la frapper.
Elle se redressa et se mit tout doucement à pleurer. C'était la meilleure arme qu'elle connaissait.
- Oh arrête tes grimaces, tu veux...
Il avait laissé la porte de l'appart ouvert. Il alla la refermer et acheva de rentrer son sac de sport.
- Faut que je prennes un douche ! S'exclama t-il en quittant la pièce.
Isabelle avait fait un gaffe. Elle le regrettait. Plus jamais son frère ne lui ferait confiance. Il devait la détester. Elle se leva, mis un peu d'ordre dans les cousins et alla dans sa chambre. Elle entendait son frère qui prenait sa douche. Elle ferma sa porte, s'assit sur son lit, pris son journal et tenta d'y écrire quelques lignes mais sans succès, elle était encore toute tremblante. Elle se coucha sur son lit et attendit.
Au bout d'un moment, Alan frappa à sa porte. Isabelle s'assid sur son lit. "Entrez" murmura t-elle sans conviction.
Alan entra. Il avait les cheveux en bataille et était habillé d'un jeans et d'un autre T-shirt. Sa crainte ne s'était pas envolée. Il s'assit sur le lit et lui fit face.
- Tu n'as rien à me dire ?
- ...
- Tu croyais vraiment que j'allais mordre à l'hameçon. La prochaine fois pense à ton rythme cardiaque... Je suis vraiment déçu.
- ...
Il se leva et allait sortir de la pièce quand Isabelle se leva de son lit.
- Alan ?
- Oui ? Dit-il en se retournant.
Elle baissa les yeux.
- Je m'excuses...je m'ennuyais. Je sais c'est pas malin.
- Tu sais il te suffisait de m'appeler et me demander de revenir, je serais arrivé aussi vite. C'est aussi un peu ma faute, je n'aurais pas du te laisser seule le premier jour.
Il y eu un silence pesant.
- On fait la paix ? Proposa t'il.
- D'accord.
Isabelle se rapprocha de lui, leva les yeux vers lui et tendit ses bras.
Alan sembla hésiter.
- Là tu dois me faire un câlin. Lui expliqua Isabelle.
Il se mis accroupis et l'enlaça.
- C'est plutôt une fessée que je devrais te donner. T'es quand même une fameuse peste.
Enfin seule. Isabelle sort son nez de son bol de cacao, d'ailleurs vide depuis longtemps. Elle se lève et décide de faire le tour du propriétaire mais avant elle décide de téléphoner à sa maman. A la maison c'est le répondeur. Elle essaie sur le GSM de sa mère, aussi le répondeur. Elle laisse un bref message :"J'ai passé une bonne nuit. Tout se passe bien. Je n'ai pas fait de crise". Elle savait que la probabilité qu'elle fasse une crise était assez importante vu l'étât émotionnel dans lequel elle avait été plongée ces derniers jours. Une fois cela fait et un peu déçue de ne pas avoir eu sa mère elle commence son tour de l'appartement.
D'abord sa chambre. Elle tire les stores pour laisser la clarté envahir la pièce. Il fait beau dehors, ciel bleu. Sa chambre est assez grande. Il y a le lit pour 2 personnes, 2 tables de nuit, le grand placard, un bureau près de la fenêtre. Au mur il y a comme dans le reste de l'appartement des photos noirs et blancs d'objets parfois insolites, parfois tout-à-fait banals. Les murs de sa chambre sont blancs ou plutôt gris très, très clairs. La parure de son lit est gris foncé. Le bureau presque noir. Il y le placard qui est blanc. Elle ouvre le placard. Toute une partie a été vidée sans doute pour qu'elle puisse y mettre ses vêtements. Elle a vite fait de ranger ses quelques affaires. Elle prend une salopette et un T-shirt ainsi que des chausettes et une culotte et se dirige dans le couloir vers la salle de bain.
C'est une grande salle de bain toute blanche. Il y a une immense baignoire, une grande douche et détail amusant deux éviers. Elle trouve dans une armoire grise des draps de bain tout moelleux et tout gris aussi. Elle se déshabille et entre dans la douche. Normalement elle ne peut pas prendre de douche sans surveillance mais c'est grisant de le faire quand même. L'eau est directement à la bonne température, c'est pas comme à sa maison où il faut plusieurs minutes pour avoir une eau à bonne température. Et puis chez elle, on prend sa douche dans la baignoire. Elle trouve sans difficulté du bain douche et du shampoing. Malheureusement elle se rend vite compte à l'odeur que ce sont des produits pour homme et donc que les parfums sont beaucoup plus forts que le shampoing aux odeurs de fruits qu'elle utilise d'habitude. Il faudra faire quelques courses. Elle sort rapidement, il ne faut pas tenter le diable. Elle s'essuie vigoureusement et s'habille. Elle trouve un sèche cheveu accroché à côté de la grande glace de la salle de bain. Elle va vite chercher ses pantoufles. Elle sourit en imagineant la tête d'Alan la trouvant électrocutée sur le sol de sa salle de bain. Non ce n'est pas drôle. Elle sêche ses cheveux comme elle peut, d'habitude, c'est sa maman qui le fait. Elle les brosse et fait une queue. Une fois cela terminé, elle ne peut s'empêcher de monter sur le tabouret qui est dans la pièce et d'ouvrir l'armoire à côté de la glace. Elle y trouve différentes crèmes, des rasoirs, de la mousse à raser, des boîtes avec différentes pillules, des pansements, des tubes de dentifrice et un tas d'autres choses qu'elle n'identifie pas toujours. Il y a aussi deux verres avec pour chacun une brosse à dent électrique. Deux brosses à dent. La personne à qui Alan parlait était sûrement sa petite amie. Elle sourit. Elle descend de son tabouret après avoir soigneusement fermé l'armoire et le remet en place. Bien sûr ce n'est pas bien de fouiller dans les affaires des autres mais c'est tellement gai. Et puis elle l'avait fait avec ses soeurs et elle avait fouillé de fond en comble la chambre que ses frères avaient laissés. Elle ne les avait pas connus enfant vu la différence d'âge alors retrouver des indices de leur enfance de leurs affaires était vraiment plein d'enseignements.
La salle de bain communique avec le couloir d'un côté et la chambre d'Alan de l'autre. Elle entre dans la chambre de son frère. C'est grand, c'est gris, c'est un peu lugubre. D'instinct, elle se dirige vers la fenêtre. Les tentures sont tirées. Elle ouvre grand les tentures pour innonder également cette pièce de soleil. C'est mieux. Il y a un grand lit pour deux personnes, encore plus grand que le sien. Deux tables de nuit. Une meuble bas avec des tiroirs style commode. Un immense placard qui fait tout un mur. Il y aussi un appareil comme ceux qu'on utilise en musculation. C'est un banc avec différents appareils. Il y a une grande glace sur pied. Il y a aussi un bureau dans un coin avec dessus un PC. Sur une des tables de nuit il y a des cadres avec des photos. Une photo représente toute la famille sauf Alan et papa qui prend la photo lors d'un Noël il y a deux ans et l'autre représente...Isabelle. C'est une photo d'école qu'elle trouve affreuse. C'est celle de sa 5ième année primaire. Isabelle est intriguée mais fière à la fois. Elle ouvre la penderie. Il y des costumes, des chemises, des T-shirts, des jeans et des pantalons, des vestes, des tonnes de chaussures et des baskets au sol, la penderie s'allume automatiquement quand on l'ouvre. Isabelle la referme.
Elle revient dans le couloir et revient dans le saloon. Elle s'assied dans le fauteil et allume la télé. Enfin si on peut appeler cela une télé. C'est en fait un écran extra plat accroché sur un des murs. Heureusement qu'Isabelle en a déjà vu dans des pubs à la télé. Elle zappe pendant quelques minutes puis se lève à nouveau. Il y a une table de salon design, un meuble le long du mur qui contient une bibliothèque, une BDthèque ainsi qu'une collection impressionnante de CD et de DVD. Sur un autre mur il y a un truc tout plat qui ressemble à un lecteur de CD. Un peu plus loin sur une sorte de demi table accrochée au mur près de l'entrée, il y a de nouveau des cadres avec des photos. Isabelle les prend, un à un et les regarde. Il y en a un et même plusieurs avec Alan et un autre gars blond. Celui qu'elle a vu sur la photo que sa maman lui a donné, un certain Eric. Il y a une photo montrant 4 personnes, Isabelle reconnaît Alan au centre, Eric ainsi qu'un autre garçon et une autre fille qu'elle ne connaît pas. La fille est peut être la petite amie d'Alan ? Déjà une heure qu'il est parti... Elle s'ennuie. Elle se rassied dans le fauteil. Elle entend soudain un bruit. Comme si on chipotait à la serrure de l'appartement. C'est sans doute Alan qui rentre....
Mais à son grand étonnement ce n'est pas Alan, c'est un jeune garçon d'origine nord africaine. Il a fisiblement copier son style vestimentaire sur les stars de Hip Hop. Isabelle recule dans le fond du divan...plutôt effrayée. Le garçon la voit et se rend compte de sa crainte.
- Pas de panique...je suis Rachid, je suis le fils de la concierge, Amina... Regardes j'ai la clef. C'est M'sieur Alan qui me la donnée. Toi, tu es Isabelle...et tu viens d'arriver...
Isabelle est un peu rassurée.
- Qu'est ce que tu viens faire ?
- J'aide ma mère. Elle s'est fait mal au dos alors pour qu'elle puisse se reposer je m'occupe d'une partie de ses ménages.
- Ta mère fait le ménage chez mon frère ?
- Ben oui 2 fois par semaine.
Rachid ne traîne pas, il referme la porte et se dirige avec un grand sac poubelle vers la cuisine. Il vide la poubelle de la cuisine et se dirige vers la salle de bain. Isabelle lui emboite le pas, amusée et curieuse. Il vide la poubelle de la salle de bain et celle de la chambre d'Alan, il en profite pour refaire le lit et passer un chiffon pour faire les poussières.
- C'est rare un garçon qui fait le ménage.
- Wouai ben on a pas toujours le choix.
Isabelle ne le quitte pas des yeux. Il ne perd pas une minute. Il passe d'un pièce à l'autre y compris sa chambre et arrange les choses au mieux. Il ouvre la porte fenêtre qui donne accès à la terrasse et se met à brosser la terrasse. Une fois cela terminé, il revient dans le salon.
- Faut que je passe l'aspirateur.
- Je veux bien le faire si tu me dis ou est l'aspirateur. Propose Isabelle.
- Tu sais faire le ménage ?
- Oh oui à la maison, j'aide maman tous les jours.
Rachid fait une grimace mais il lui montre que l'aspirateur est dans un placard au fond du couloir. Pendant qu'Isabelle commence à passer l'aspirateur, il termine de faire les poussières et de ranger la salle de bain. A deux ils terminent assez vite le travail. Alan est parti depuis 2 heures.
- Bon j'ai fini. J'y vais.
- Ok j'ai été contente de faire ta connaissance. A bientôt.
Rachid reprend ses affaires, le sac poubelle et ressort comme il est rentré. Pas très bavard le garçon. Isabelle hausse les épaules. De nouveau seule...
Alan n'est toujours pas là et ça énerve Isabelle. Il est déjà plus d'une heure de l'après-midi, elle a faim. Il n'aurait pas du la laisser seule et surtout pendant si longtemps. Elle a toute les chance de faire une crise pour le moment. A ce tarif là elle aurait pu rester seule chez elle en France, ça aurait été la même chose. Tant pis. Elle prend le téléphone et décide de l'appeler. Elle appuye sur le chiffre qui permet de joindre son frère directement. Il y a quelques sonneries puis elle entend la voix de son frère.
- Allo Isabelle. Il y a un problème...
Instantanément une idée jaillit dans sa petite tête. Elle prend une voix hésitante, fatiguée et murmure.
- Oui je ne me sens pas bien, je pense que je vais faire une crise...puis elle raccroche avant que son frère ne l'entende éclater de rire.
Quelques secondes plus tard le téléphone sonne mais pour que son histoire soit plausible et pour un peu se venger, Isabelle ne répond pas. Elle entend le répondeur se mettre en route automatiquement.
- "Bonjour vous êtes bien chez Alan. Laissez-moi un message je vous rappelerai."
- Isabelle, Isabelle répond-moi. Ne bouge pas j'arrive...!
Bon d'accord c'est un peu sadique mais bon, il l'a bien mérité. Et puis quand il se serait rendu compte de la supercherie peut être qu'il la renverrait chez elle. Elle alla vite à la salle de bain, temponna son front avec un gant de toilette comme si elle avait transpiré. Elle revient dans le saloon. Elle s'assied près du téléphone, chamboule tous les coussins qui sont près d'elle et se laisse glisser au pied du sofa comme si elle en était tombé. Elle défait un peu ses vêtements et ses cheveux et elle attend en essayant de ne pas sourire.
Il y a une grosse horloge design au mur, elle se demande combien de temps Alan va mettre pour voler à son secours. Après cela c'est sûr, il ne la laisserait plus jamais toute seule...
Merde. Alan vient de raccrocher. Après l'appel d'Isabelle, il a refait le numéro de l'appart mais sans succès. Mais qu'est ce qui lui avait pris de la laisser toute seule. C'était vraiment un idiot. Surtout pour le moment avec tous ses changements, elle avait toutes les chances de faire une crise. Il se souvenait des conseils de sa mère. Il réalisa en plus qu'il lui avait dit de prendre une douche alors qu'elle ne pouvait pas le faire seule. Il lui avait aussi dit qu'il serait là au bout d'une ou deux heures et cela faisait plus de deux heures qu'il s'était absenté. L'idiot ! Heureusement la salle de musculation était tout près de l'immeuble. Il pris son sac, oublia sa veste et courrant plus vite qu'il ne l'avais jamais fait il se rua en dehors du club, au grand étonnement des adhérents présents. Arrivé dans le hall de l'immeuble, il pria pour qu'il y ait un ascenseur. Ouf, il y en avait un ! La montée lui sembla interminable. Quelle idée d'habiter au 11ième étage. Il arriva devant sa porte. Il lui avait fallu un peu plus d'un quart d'heure. Il était tellement nerveux qu'il n'arrivait pas à ouvrir la porte. Merde ! Ca y est. Il ouvrit grand la porte, lacha son sac. Ne vit pas Isabelle tout de suite mais remarqua tout de suite la pagaille dans les cousins du sofa. Il fit un bond spectaculaire au dessus du sofa. Elle était là par terre, évanouie. La crise était sûrement passée. Elle n'avait pas encore émergé. Il se rappela les conseils de sa maman. Le combiné était décroché. C'était sans doute pour cela qu'il était tombé sur le répondeur.
- Merde, merde...bon ne pas paniquer.
Il ouvrit sa bouche pour voir si elle ne s'était pas mordue. Il la redressa. La souleva délicatement et la remit dans le fauteuil.
- Isabelle réveilles-toi. Lui dit il doucement en lui caressant le visage.
Il attrapa son poignet pour prendre son pouls. Isabelle entre'ouvrit les yeux. Elle avait pris un air le plus désespéré possible.
Soudain il se releva. Son visage était soudain passé de l'inquiétude à la colère.
Comment avait-elle pu ? Alan avait envie de la giffler. Pour ne pas se laisser envahir par la colère, il se mit à marcher de long en large dans le saloon.
- Comment as-tu pu me faire cela ? Hurla t'il.
Isabelle ouvrit des yeux tous ronds. Comment avait-il deviné ? Comment savait-il qu'elle faisait semblant. Elle avait pensé à tout et jusqu'à preuve du contraire, elle était excellente comédienne.
- Pour qui tu me prends ! Il continuait à faire les 100 pas dans l'appartement en se prenant la tête dans les mains. Je suis furieux !
Isabelle se mit à avoir peur. Elle ne supportait pas qu'on hurle même si elle l'avait mérité. Il allait peut être la frapper.
Elle se redressa et se mit tout doucement à pleurer. C'était la meilleure arme qu'elle connaissait.
- Oh arrête tes grimaces, tu veux...
Il avait laissé la porte de l'appart ouvert. Il alla la refermer et acheva de rentrer son sac de sport.
- Faut que je prennes un douche ! S'exclama t-il en quittant la pièce.
Isabelle avait fait un gaffe. Elle le regrettait. Plus jamais son frère ne lui ferait confiance. Il devait la détester. Elle se leva, mis un peu d'ordre dans les cousins et alla dans sa chambre. Elle entendait son frère qui prenait sa douche. Elle ferma sa porte, s'assit sur son lit, pris son journal et tenta d'y écrire quelques lignes mais sans succès, elle était encore toute tremblante. Elle se coucha sur son lit et attendit.
Au bout d'un moment, Alan frappa à sa porte. Isabelle s'assid sur son lit. "Entrez" murmura t-elle sans conviction.
Alan entra. Il avait les cheveux en bataille et était habillé d'un jeans et d'un autre T-shirt. Sa crainte ne s'était pas envolée. Il s'assit sur le lit et lui fit face.
- Tu n'as rien à me dire ?
- ...
- Tu croyais vraiment que j'allais mordre à l'hameçon. La prochaine fois pense à ton rythme cardiaque... Je suis vraiment déçu.
- ...
Il se leva et allait sortir de la pièce quand Isabelle se leva de son lit.
- Alan ?
- Oui ? Dit-il en se retournant.
Elle baissa les yeux.
- Je m'excuses...je m'ennuyais. Je sais c'est pas malin.
- Tu sais il te suffisait de m'appeler et me demander de revenir, je serais arrivé aussi vite. C'est aussi un peu ma faute, je n'aurais pas du te laisser seule le premier jour.
Il y eu un silence pesant.
- On fait la paix ? Proposa t'il.
- D'accord.
Isabelle se rapprocha de lui, leva les yeux vers lui et tendit ses bras.
Alan sembla hésiter.
- Là tu dois me faire un câlin. Lui expliqua Isabelle.
Il se mis accroupis et l'enlaça.
- C'est plutôt une fessée que je devrais te donner. T'es quand même une fameuse peste.
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